close

À l'occasion des 30 ans du Centre culturel suisse, nous avons imaginé un projet entièrement consacré à la performance, médium aux multiples définitions et aux confins de plusieurs disciplines. PerformanceProcess propose une approche subjective de la performance en Suisse de 1960 à 2015, à travers les œuvres de quarante-six artistes, compagnies ou groupes.

PerformanceProcess se présente sous la forme hybride d'une exposition-festival, articulée en plusieurs sections aux formats, temporalités et localisations multiples. Pendant trois mois, une exposition composée de documents et d'une centaine d'œuvres réalisées par trente-cinq artistes sera visible dans les espaces du CCS. Au centre de la salle principale se succèdent douze focus – des expositions monographiques de cinq jours – souvent accompagnés de performances de durées oscillant entre quelques minutes et cinq jours. L'édition 2015 du festival Extra Ball se déroule quant à elle lors du week-end inaugural. Au total, plus de quarante « performances » proposées en une centaine de « représentations » constituent le programme live de PerformanceProcess, au CCS ainsi que dans onze lieux partenaires à Paris. Début décembre, un colloque apporte des éclairages théoriques et historiques sur la performance, et ouvre le sujet sur une perspective internationale. Ce projet exceptionnel s'accompagne d'une scénographie confiée aux architectes de Bureau A, qui permet de découvrir le CCS tel qu'on ne l'a jamais vu. De plus, un site web dédié, www.pprocess.ch, dont le graphisme est assuré par Ludovic Balland, est mis en ligne le 18 septembre. Il sera ensuite enrichi par des photos, des vidéos, des entretiens et des textes, pour constituer au final une ressource de référence sur la performance en Suisse.

Le médium performance suscite un net regain d'attention depuis quelques années, comme en témoignent, par exemple, Performa Biennial à New York dès 2005, le Nouveau Festival au Centre Pompidou à Paris dès 2009, ou la future section The Tanks: Art in Action à la Tate Modern à Londres, préfigurée en 2012. En Suisse, le Prix suisse de la performance fait son apparition en 2011.
PerformanceProcess s'inscrit bien sûr dans cette mouvance, mais découle aussi de la spécificité pluridisciplinaire du CCS. Depuis que nous en sommes les directeurs, nous avons consolidé et développé les axes des arts visuels et des arts vivants. Notre projet vise donc à présenter – sur un même plan et dans un même espace – des œuvres d'artistes identifiés dans ces deux champs artistiques. Nous assumons également une approche subjective de la performance, puisque les artistes choisis ne sont pas exclusivement identifiés comme performeurs, mais développent leur travail en réalisant des performances parmi d'autres médiums. Nous employons d'ailleurs le mot « performance » par commodité. D'autres termes tels happening, event, action ou concert seront également utilisés, et des films, vidéos, photographies, sculptures, dessins, objets ou documents seront aussi présentés.

Le champ historique pris en compte s'étend de 1960 à 2015. Il commence avec Jean Tinguely et ses machines autodestructrices réalisées dans le jardin du MoMA à New York en 1960, puis traverse plus de cinq décennies, jusqu'à prendre en compte des pratiques d'artistes qui ont 25 ans aujourd'hui. Avec la performance davantage qu'avec tout autre médium, il faut toujours s'attendre à des imprévus. Soyez les bienvenus pour vous laisser surprendre !

Jean-Paul Felley et Olivier Kaeser