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Yan DuyvendakFiche artiste 6/46

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au centre culturel suisse

A la base, il est artiste plasticien. Il a ensuite fait des performances en solo, puis en collaboration, et a développé sa pratique vers la scène, jusqu'à son plus grand spectacle à ce jour, la comédie musicale Sounds of Music, créée en automne 2015.

mar 20 Oct
1
20h
Rétrospective des premières performances solo de Yan DuyvendakCentre culturel suisser+33 1 42 71 44 50

KEEP IT FUN FOR YOURSELF (1995, 10')

En interprétant a cappella des chansons qui discourent sur l'art, Yan Duyvendak s'interroge avec ironie sur le rôle de l'artiste. Respectant les tempos des chansons, jouant sur la gêne des temps morts, dépouillant la mise en scène, il s'inclut lui-même dans cette mise à nu du spectacle.

 

UNE SOIRÉE POUR NOUS (1999, 15')

Une soirée pour nous mélange un zapping TV international (programmes, météo, publicité) avec un concert de Céline Dion dédie à René, son mari et manager, malade. Elle lui parle en direct, et l'image de René apparaît sur des écrans. Yan Duyvendak devient Céline Dion, objet d'aversion et de fascination.

 

YOU INVITED ME, DON'T YOU REMEMBER (2002, 17')

Yan Duyvendak s'affranchit de l'image pour s'appuyer sur le son des films. Les sons et les mouvements du performer donnent l'illusion des images. Et l'artiste convoque la figure du mal, qui peut prendre toutes les formes mais qui est privé de toute apparence.

 

YOU'RE DEAD! (2003, 30')

You're Dead! se réfère de l'univers des jeux vidéo en transformant le lieu de la représentation en paysage virtuel dans lequel l'artiste incarne un avatar qui se déplace, traque et tire. Sa réécriture chorégraphique traduit l'écart entre réel et virtuel, et l'effort nécessaire à l'identification.

mer 21 Oct
1
20h
Rétrospective des premières performances solo de Yan DuyvendakCentre culturel suisser+33 1 42 71 44 50

KEEP IT FUN FOR YOURSELF (1995, 10')

En interprétant a cappella des chansons qui discourent sur l'art, Yan Duyvendak s'interroge avec ironie sur le rôle de l'artiste. Respectant les tempos des chansons, jouant sur la gêne des temps morts, dépouillant la mise en scène, il s'inclut lui-même dans cette mise à nu du spectacle.

 

DREAMS COME TRUE (2003, 23')

Un parcours dérisoire de ceux à qui l'on promet que leurs rêves peuvent devenir réalité, par la téléréalité. Au milieu de ces illusions, Yan Duyvendak intègre les solutions de ceux qui veulent lui apprendre à être une star. Il démonte la machinerie de cette déshumanisante compétition.

 

SELF-SERVICE (2003, 15')

Self-service, c'est d'abord une caméra sur pied fixant la photo d'un immeuble en béton, et un moniteur. Quand l'artiste glisse le moniteur vers le sol, l'image révèle aussi les étages inférieurs de l'immeuble et la route. Dans les mains de l'artiste, le moniteur ne diffuse plus l'image, mais la capte, comme une caméra.

 

MY NAME IS NEO (FOR FIFTEEN MINUTES), (2001, 15')

Peut-on être « l'élu » pendant quinze minutes ? Et que reste-t-il une fois que la toile redevient blanche, que Batman, James Bond, ou « Neo, the One » ont disparu ? My Name is Neo confronte un film d'action truffé d'effets spéciaux avec la physicalité brute d'un être humain.

jeu 22 Oct
1
20h
Rétrospective des premières performances solo de Yan DuyvendakCentre culturel suisser+33 1 42 71 44 50

KEEP IT FUN FOR YOURSELF (1995, 10')

En interprétant a cappella des chansons qui discourent sur l'art, Yan Duyvendak s'interroge avec ironie sur le rôle de l'artiste. Respectant les tempos des chansons, jouant sur la gêne des temps morts, dépouillant la mise en scène, il s'inclut lui-même dans cette mise à nu du spectacle.

 

UNE SOIRÉE POUR NOUS (1999, 15')

Une soirée pour nous mélange un zapping TV international (programmes, météo, publicité) avec un concert de Céline Dion dédie à René, son mari et manager, malade. Elle lui parle en direct, et l'image de René apparaît sur des écrans. Yan Duyvendak devient Céline Dion, objet d’aversion et de fascination.

 

YOU INVITED ME, DON'T YOU REMEMBER (2002, 17')

Yan Duyvendak s'affranchit de l’image pour s’appuyer sur le son des films. Les sons et les mouvements du performer donnent l'illusion des images. Et l'artiste convoque la figure du mal, qui peut prendre toutes les formes mais qui est privé de toute apparence.

 

YOU'RE DEAD! (2003, 30')

You're Dead! se réfère de l'univers des jeux vidéo en transformant le lieu de la représentation en paysage virtuel dans lequel l'artiste incarne un avatar qui se déplace, traque et tire. Sa réécriture chorégraphique traduit l'écart entre réel et virtuel, et l'effort nécessaire à l'identification.

ven 23 Oct
1
20h
Rétrospective des premières performances solo de Yan DuyvendakCentre culturel suisser+33 1 42 71 44 50

KEEP IT FUN FOR YOURSELF (1995, 10')

En interprétant a cappella des chansons qui discourent sur l'art, Yan Duyvendak s'interroge avec ironie sur le rôle de l'artiste. Respectant les tempos des chansons, jouant sur la gêne des temps morts, dépouillant la mise en scène, il s'inclut lui-même dans cette mise à nu du spectacle.

 

DREAMS COME TRUE (2003, 23')

Un parcours dérisoire de ceux à qui l’on promet que leurs rêves peuvent devenir réalité, par la téléréalité. Au milieu de ces illusions, Yan Duyvendak intègre les solutions de ceux qui veulent lui apprendre à être une star. Il démonte la machinerie de cette déshumanisante compétition.

 

SELF-SERVICE (2003, 15')

Self-service, c'est d'abord une caméra sur pied fixant la photo d'un immeuble en béton, et un moniteur. Quand l'artiste glisse le moniteur vers le sol, l'image révèle aussi les étages inférieurs de l'immeuble et la route. Dans les mains de l'artiste, le moniteur ne diffuse plus l'image, mais la capte, comme une caméra.

 

MY NAME IS NEO (FOR FIFTEEN MINUTES), (2001, 15')

Peut-on être « l'élu » pendant quinze minutes ? Et que reste-t-il une fois que la toile redevient blanche, que Batman, James Bond, ou « Neo, the One » ont disparu ? My Name is Neo confronte un film d'action truffé d'effets spéciaux avec la physicalité brute d'un être humain.

exposition

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colloque

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Notice biographique

Né en 1965, vit à Genève et Marseille
Yan Duyvendak s'est formé à l'École cantonale d'art du Valais et l'École Supérieure d'Art Visuel de Genève. D'abord plasticien, il pratique la performance depuis 1995. Son travail vidéo est présent dans des collections, celles du Musée des Beaux-Arts de Lyon ou du Museum der Moderne de Salzburg. Il a été lauréat de nombreux prix en Suisse, dont le Namics Kunstpreis für Neue Medien (2004), le Network Kulturpreis (2006) ou le prix Meret Oppenheim (2010). Désormais intégré au circuit du spectacle vivant, il prépare pour 2015 Sound of Music, une comédie musicale coproduit par le théâtre de Vidy, le festival de la Bâtie, le Forum Meyrin en Suisse, et le théâtre Nanterre-Amandiers.

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interview

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Cadre dynamique

Yan Duyvendak présente sept solos de son répertoire, ou il joue avec l'image vidéo. Une « rétrospective » qui zigzague entre Matrix, Céline Dion et le Malin. ...

Yan Duyvendak présente sept solos de son répertoire, ou il joue avec l'image vidéo. Une « rétrospective » qui zigzague entre Matrix, Céline Dion et le Malin.

Là, Yan Duyvendak reproduit sur scène, en synchro avec l'image, mais sans la magie du trucage cinématographique, les incroyables acrobaties du combat final de Neo dans Matrix. Ici, il se transforme en personnage de jeu vidéo qui, en vision subjective, tire sur tout ce qui bouge. Là encore, il chante a capella et avec le plus grand sérieux quelques standards de variétés traitant de la figure de l'artiste (Cézanne peint de France Gall, le fameux Blues du businessman, etc.). Quels liens entre ces performances ? Yan Duyvendak aime sortir du cadre et déplacer les lignes. De la pratique si hétérogène de la performance, il retient avant tout qu'elle est née avec l'idée fédératrice de briser les dogmes. En 1995, plasticien de formation, il s'ennuie à exposer et se mue donc en performeur. « Je décide de faire de la revue dans les arts visuels, explique-t-il. Je monte un récital d'idioties. Debout sur une bouche d'aération de la cour de la Cité des Arts, vêtu d'une robe qui cite autant Édith Piaf que les costumes de gladiateur, j'enchaîne les tubes devant un parterre de résidents, d'artistes, d'initiés et de professionnels du monde de l'art. »

Dérivé de ce tour de chant, Keep it Fun for Yourself sera présenté à l'occasion de PerformanceProcess. Avec elle, six autres performances qui déclinent ce mantra des cadres à déborder.

À commencer par le cadre le plus universel, celui de l'écran de télévision. Dans Dreams Come True, Yan Duyvendak compulse et rejoue les instants types des émissions de télé-réalité. Dans Une soirée pour nous, le spectateur se retrouve comme chez lui, à zapper entre un concert de Céline Dion, un film de guerre, une pub pour Kinder et la confession d'une mère de transsexuel, avant qu'il n'entame une sorte de télé-karaoké. Le but ? Non pas de signaler une facile dénonciation de la bêtise que le petit écran véhicule, mais rejouer les scènes de la télévision, hors cadre, se les approprier, littéralement les incorporer et observer comment elles nous touchent, nous affectent.

Images toujours, My Name Is Neo reproduit donc à l'échelle humaine les acrobaties trafiquées des scènes finales de Matrix. You're Dead rend présent l'homme qui tire, et qu'on ne voit jamais dans les jeux vidéo, autrement qu'à travers sa vision subjective. Où est l'homme, l'humain, l'humanité dans les déferlements d'images ? L'interrogation n'est pas uniquement contemporaine. You Invited Me, Don't You Remember ? dialogue avec des bandes sonores de films américains où la question du mal, du Malin, est récurrente à travers les époques.

L'image à déborder, enfin, ce sont ces représentations du réel que l'on s'élabore soi-même, au fur et à mesure de sa vie, en self-service pour ainsi dire. Comme cette petite histoire de la performance éponyme, mélangeant imaginaire amoureux et clichés mélodramatiques, que Yan Duyvendak crée en promenant sa caméra en relais d'un moniteur vidéo.
Continuant à sortir des cadres, il arpente aujourd'hui l'espace – par bonheur de plus en plus étendu – où se retrouvent mêlés le théâtre et la performance. Et ses spectacles, dans la droite ligne de la performance, mélangent toujours l'intime et le politique. Dans Made in Paradise, par exemple, avec le performeur cairote Omar Ghayatt, il testait l'acceptation de l'autre, l'Oriental, à la suite des événements de septembre 2001. Cette saison, il crée une comédie musicale, Sounds of Music, qu'on pourra découvrir aux Amandiers du 2 au 9 octobre 2015. Changement de cap ? Non. Il y a dans l'univers de Yan Duyvendak un réel goût pour une culture pop, aux limites du kitsch, qui contraste toujours avec la gravité de son propos. Dans cette comédie musicale, comme dans les performances de PerformanceProcess, son travail oscille ainsi toujours entre le plus grand sérieux et une désopilante ironie, souterraine, entre le plaisir inévitable du divertissement et la nécessité « d'éclairer l'aveuglement de la comédie du monde ».

 

Eric Demey, journaliste culturel pour la revue Mouvement et le journal La Terrasse.

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