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Urs LüthiFiche artiste 23/46

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au centre culturel suisse

Il a toujours intégré son propre corps dans son travail, mettant en scène notamment ses transformations progressives. Dans les années 1970, il a beaucoup joué sur son aspect androgyne, qui a eu une place centrale dans l'exposition Transformer – Aspekte der Travestie, organisée par Jean-Christophe Ammann au Kunstmuseum de Lucerne en 1974.

mar 10 Nov
2
18h
PHOTOGRAPHIES DE PERFORMANCESCentre culturel suisse+33 1 42 71 44 50

Opening Performance Diagramma, Milano (1972) impression pigmentaire
This is About You, Roma (1973) impression pigmentaire
Mille Rose rosse, Milano (1974) impression pigmentaire
Performance Firenze, the /one/y Saxophone (1974) impression pigmentaire
L'artiste est dans la Cave, Genève (1974) impression pigmentaire
Napoli Performance (1975) impression pigmentaire
Bologna Performance (1975) impression pigmentaire

mer 11 Nov
1
13h
PHOTOGRAPHIES DE PERFORMANCESCentre culturel suisse+33 1 42 71 44 50
jeu 12 Nov
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13h
PHOTOGRAPHIES DE PERFORMANCESCentre culturel suisse+33 1 42 71 44 50
ven 13 Nov
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sam 14 Nov
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PHOTOGRAPHIES DE PERFORMANCESCentre culturel suisse+33 1 42 71 44 50
dim 15 Nov
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PHOTOGRAPHIES DE PERFORMANCESCentre culturel suisse+33 1 42 71 44 50

événements

au centre culturel suisse

Il a toujours intégré son propre corps dans son travail, mettant en scène notamment ses transformations progressives. Dans les années 1970, il a beaucoup joué sur son aspect androgyne, qui a eu une place centrale dans l'exposition Transformer – Aspekte der Travestie, organisée par Jean-Christophe Ammann au Kunstmuseum de Lucerne en 1974.

mar 10 Nov
2
18h
PHOTOGRAPHIES DE PERFORMANCESCentre culturel suisse+33 1 42 71 44 50

Opening Performance Diagramma, Milano (1972) impression pigmentaire
This is About You, Roma (1973) impression pigmentaire
Mille Rose rosse, Milano (1974) impression pigmentaire
Performance Firenze, the /one/y Saxophone (1974) impression pigmentaire
L'artiste est dans la Cave, Genève (1974) impression pigmentaire
Napoli Performance (1975) impression pigmentaire
Bologna Performance (1975) impression pigmentaire

mer 11 Nov
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13h
PHOTOGRAPHIES DE PERFORMANCESCentre culturel suisse+33 1 42 71 44 50
jeu 12 Nov
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PHOTOGRAPHIES DE PERFORMANCESCentre culturel suisse+33 1 42 71 44 50
ven 13 Nov
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PHOTOGRAPHIES DE PERFORMANCESCentre culturel suisse+33 1 42 71 44 50
dim 15 Nov
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PHOTOGRAPHIES DE PERFORMANCESCentre culturel suisse+33 1 42 71 44 50

exposition

au centre culturel suisse

Il a toujours intégré son propre corps dans son travail, mettant en scène notamment ses transformations progressives. Dans les années 1970, il a beaucoup joué sur son aspect androgyne, qui a eu une place centrale dans l'exposition Transformer – Aspekte der Travestie, organisée par Jean-Christophe Ammann au Kunstmuseum de Lucerne en 1974.

Performance Duomo Milano (1969)

5 photographies, 44×63 cm chaque
Présentation des photographies de sa première performance Performance Duomo Milano (1969), où il prend plusieurs rôles extrêmement banals dans la foule.

Sketches (1970)

9 feuilles, 39,8×27,3 cm chaque, édition Galerie Toni Gerber, Berne (1970)
Présentation du portfolio Sketches, 1970, série de postures en duo avec David Weiss mises en scène avec humour et photographiées par Willy Spiller.

extraball

colloque

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Notice biographique

Né en 1947, vit à Munich
A partir de 1968, toute l'œuvre d'Urs Lüthi se concentre sur et autour de lui-même, de son corps qui devient le support et le sujet de son art. Dans ses autoportraits, véritables mises en scène, l'artiste se déguise ou se travestit, jouant de l'ambivalence sexuelle. Il réalise quelques performances au début des années 1970. Dans les années 1970 et 1980, Urs Lüthi est une figure incontournable de ce courant artistique focalisé sur le corps humain, ses identités et ses transformations. Depuis 1966, il a réalisé près de 170 expositions personnelles, nortamment à De Appel à Amsterdam (1975), à la Kunsthalle à Bâle (1976), au Museum Folkwand à Essen (1978), au Kunstmuseum de Berne (1981), au Kunstverein de Francfort (1982), au Kunstverein de Munich (1987), au Cabinet des Estampes à Genève (1991), à la Galleria Civica à Modène (1994), au Swiss Institute à New York (2000), au National Museum of Contemporary Art à Bucarest (2006), au Kunstmuseum à Lucerne en 2009 avec l'exposition Art is the better life qui tournera dans 4 autres villes européennes, ou au Centre culturel suisse à Paris en 2011. Urs Lüthi représente la Suisse à la 49e Biennale d'art de Venise en 2001, et en 2009, la ville de Kassel lui décerne le prix Arnold-Bode.

bibliographie

interview

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textes

Performateur immobile

L'œuvre d'Urs Lüthi est pour l'essentiel mise en scène ou, mieux, mise en forme – de soi-même en tant qu'autre (et de l'autre en tant que soi-même). Relève-t-il pour autant de la ...

L'œuvre d'Urs Lüthi est pour l'essentiel mise en scène ou, mieux, mise en forme – de soi-même en tant qu'autre (et de l'autre en tant que soi-même). Relève-t-il pour autant de la « performance » ?

La performance, du terme que la langue de l'impérialisme planétaire a installé dans l'historiographie de l'art au xxe siècle, est un genre artistique souvent interdisciplinaire, non codifié, improvisé et « théâtral », qui remonte aux visages peints des premiers protagonistes de l'avant-garde russe, après 1910. Relancées dans les happenings du Fluxus américain au tournant des années 1950–1960, rebondissant chez Yves Klein et Joseph Beuys, réactualisées dans l'art corporel, les très diverses actions menées par les artistes ont sans doute partagé d'une certaine manière la visée commune de supprimer les frontières entre l'art et la vie.

Alors que, souvent, ces actions impliquaient le spectateur, on se demandera quelle image les images (arrêtées) d'Urs Lüthi renvoient-elles au regardeur et, à bien voir, du regardeur lui-même ? Surtout si l'on garde à l'esprit que l'artiste proclame, en 1972, I'll Be Your Mirror et insiste par ailleurs l'année d'après : This Is about You, fait-il savoir, installé sur une chaise, à une table isolée avec bouteille de vin et verre plein, dans un accoutrement de travesti, seul face aux « voyeurs » qui défilent.
À Paris, au CCS, il faudra chercher la réponse au gré des huit life performances ou « moments » qu'Urs Lüthi a choisi de montrer sous la forme de photographies de 80 centimètres de haut, à trames linéaires proposant une novation et une mise à distance des documents d'époque : Lüthi als… (Milan, 1969), Bunny (Milan, 1972), This Is about You (Rome, 1973), You Are Not The Only Who Is Lonely (Naples, 1974), Mille rose rosse (Milan, 1974), The Lonely Saxophone-Piece (Florence, 1975), [Selfportrait di Urs Lüthi, in cui tu forse ti puo riconoscere] (Bologne, 1975), et enfin L'artiste est dans la cave (Genève, 1975).
Ne sont pas incluses dans cette suite les deux oeuvres vidéo de 1974, Morir d'amore et Orgasm, dans lesquelles le public n'a pas pu interagir avec l'artiste (précisons qu'à cette époque Urs Lüthi ne s'est pas servi de la vidéo pour fixer ce qui a selon les circonstances été appelé « performances »).

L'une des actions particulièrement exemplaires – et parlantes – menées par Urs Lüthi a lieu le 26 novembre 1975 au Musée d'Art et d'Histoire de Genève, au fond de la grande salle vide, à main gauche en entrant, se dressait uniquement un immense buffet, somptueux et baroque comme un autel à gradins propre aux cérémonies mondaines. Immergé au coeur des canapés, des petits fours et des fleurs, on repérait un petit cartel portant cette simple phrase : L'artiste est dans la cave. Certains des visiteurs-spectateurs finirent par le découvrir dans un recoin éloigné d'un sous-sol du « grand musée » genevois : Urs Lüthi, le visage encharbonné, pieds nus, affalé sur une couverture à même le sol, entouré d'un seau (pour quels besoins ?), d'une bouteille de champagne et d'une radio-transistor, attendait, silencieux, et fumait.

Les amateurs, dont un s'assiéra benoîtement à ses côtés, saisirent-ils alors ces messages obliques autant qu'obvies, à savoir que l'artiste se situerait à la fois au tréfonds et en marge – de l'institution (muséale), de la société, des préoccupations communes ? On retiendra à tout le moins que l'artiste mettait en évidence une coupure délibérée avec les invités préalablement conviés en son nom.

Christophe Cherix relèvera perspicacement qu'Urs Lüthi « gère ainsi un oeuvre dans lequel, malgré les apparences, ce n'est pas tant l'artiste qui est exhibé que le spectateur. Le personnage accroupi dans la cave, qu'il soit ermite ou dandy, regarde les gens passer, s'interroger, le plaindre, le moquer, sans pour autant réagir. Il est un écran révélant l'émotion ou l'indifférence des visiteurs qui le côtoient et, en cela, il n'existe qu'à travers leurs regards […]. Les rôles sont ainsi renversés. C'est le regardeur qui est le support d'une projection collective : une fois en tant que voyeur et une fois en tant que mondain. »
En « prenant la pose » seulement, en « refilant » l'action (la réaction) à son destinataire, Urs Lüthi « performateur » met en oeuvre une autre économie du genre, qui engage énergie et démonstration spectaculaire des plus réduites. En 1998, mollement étendu sur le flan, Urs Lüthi lèvera la main pour laisser tomber devant lui une petite balle : Low Action Games. L'artiste n'a cessé d'être un sage.

 

Rainer Michael Mason, historien d'art, conservateur.

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