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Foofwa d'Imobilité & Jonathan O'HearFiche artiste 9/46

focus

au centre culturel suisse

Foofwa d'Imobilité, né de parents danseurs, a été membre de la Merce Cunningham Dance Company avant de devenir chorégraphe en 1998. Virtuose, facétieux, toujours en mouvement, il ne cesse d'élargir les notions de danse, de chorégraphie, de scène, notamment par la pratique de la dancewalk, de la dancerun ou d'actions dans l'espace public.

 

mar 03 Nov
2
18h
/Inutile : Don Austérité 2 (création)Centre culturel suisse+33 1 42 71 44 50

Foofwa d'Imobilité conçoit ce projet comme une résidence, une occupation des espaces 24h/24h. Aux heures de fermeture du CCS, un moniteur vidéo retransmet en direct les actions dans la vitrine de la Librairie. Pour le chorégraphe, il s'agit de continuer un travail sur l'étirement du temps, pour Jonathan O'Hear (scénographe, proche collaborateur de Foofwa depuis 2009), c'est l'occasion d'expérimenter un travail sur les différentes phases de sommeil. /Inutile : Don Austérité 2 s'inscrit également dans une réflexion plus large sur Utile/Inutile ou comment, grâce à la pratique de la danse et de l'art, faire de l'inutilité et de la générosité des valeurs sociales indispensables.

jeu 05 Nov
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/Inutile : Don Austérité 2 (création)Centre culturel suisse+33 1 42 71 44 50
ven 06 Nov
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/Inutile : Don Austérité 2 (création)Centre culturel suisse+33 1 42 71 44 50
sam 07 Nov
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13h
/Inutile : Don Austérité 2 (création)Centre culturel suisse+33 1 42 71 44 50
dim 08 Nov
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/Inutile : Don Austérité 2 (création)Centre culturel suisse+33 1 42 71 44 50

événements

au centre culturel suisse

Foofwa d'Imobilité, né de parents danseurs, a été membre de la Merce Cunningham Dance Company avant de devenir chorégraphe en 1998. Virtuose, facétieux, toujours en mouvement, il ne cesse d'élargir les notions de danse, de chorégraphie, de scène, notamment par la pratique de la dancewalk, de la dancerun ou d'actions dans l'espace public.

mar 03 Nov
2
18h
/Inutile : Don Austérité 2 (création)Centre culturel suisse+33 1 42 71 44 50

Foofwa d'Imobilité conçoit ce projet comme une résidence, une occupation des espaces 24h/24h. Aux heures de fermeture du CCS, un moniteur vidéo retransmet en direct les actions dans la vitrine de la Librairie. Pour le chorégraphe, il s'agit de continuer un travail sur l'étirement du temps, pour Jonathan O'Hear (scénographe, proche collaborateur de Foofwa depuis 2009), c'est l'occasion d'expérimenter un travail sur les différentes phases de sommeil. /Inutile : Don Austérité 2 s'inscrit également dans une réflexion plus large sur Utile/Inutile ou comment, grâce à la pratique de la danse et de l'art, faire de l'inutilité et de la générosité des valeurs sociales indispensables.

mer 04 Nov
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13h
/Inutile : Don Austérité 2 (création)Centre culturel suisse+33 1 42 71 44 50
jeu 05 Nov
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13h
/Inutile : Don Austérité 2 (création)Centre culturel suisse+33 1 42 71 44 50
ven 06 Nov
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13h
/Inutile : Don Austérité 2 (création)Centre culturel suisse+33 1 42 71 44 50
sam 07 Nov
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13h
/Inutile : Don Austérité 2 (création)Centre culturel suisse+33 1 42 71 44 50
dim 08 Nov
1
13h
/Inutile : Don Austérité 2 (création)Centre culturel suisse+33 1 42 71 44 50

exposition

au centre culturel suisse

Foofwa d'Imobilité, né de parents danseurs, a été membre de la Merce Cunningham Dance Company avant de devenir chorégraphe en 1998. Virtuose, facétieux, toujours en mouvement, il ne cesse d'élargir les notions de danse, de chorégraphie, de scène, notamment par la pratique de la dancewalk, de la dancerun ou d'actions dans l'espace public.

/Inutile : TV (2015)

Durant toute la durée de PerformanceProcess, ils transmettront, sur un écran dans l'exposition, via Internet des contributions liées à l'actualité et aux projets qu'ils développeront ailleurs sous l'intitulé du corpus général /Inutile.

extraball

colloque

+

Notice biographique

Foofwa d'Imobilité 
Né en 1969, vit à Genève 
Interprète pour le Ballet de Stuttgart, puis pour la Merce Cunningham Dance Company, Foofwa d'Imobilité fonde en 2000 à Genève l'association Neopost Ahrrrt, avec laquelle il crée des OMNI (Objets Mouvants Non Identifiables), explore le corps numérique, l'histoire de la danse et invente la « dancerun ». Depuis 2003, ses pièces sont présentées de par le monde. Il a reçu de nombreux prix, dont le Prix de Lausanne en 1987, le Bessie Award de New York en 1995, le prix de la Fondation Leenaards en 1999, le Prix Suisse de danse et de chorégraphie en 2006, ou encore le prix de la Fondation for Contemporary Arts de New York en 2009.

bibliographie

interview

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Pratique de gestes

Foofwa d'Imobilité investit le CCS pendant cinq jours et cinq nuits, et mise sur l'étirement du temps chorégraphique pour déployer une relation éthique avec le public. ...

Foofwa d'Imobilité investit le CCS pendant cinq jours et cinq nuits, et mise sur l'étirement du temps chorégraphique pour déployer une relation éthique avec le public.

En 1998, je vois pour la première fois le travail de Foofwa d'Imobilité et je suis fascinée par les solos qu'il présente. Le jeune danseur vient juste de quitter la compagnie de Merce Cunningham, auprès duquel il a tant appris. Il retrouve Genève, sa ville natale. « Je me donne deux ans pour voir si j'ai quelque chose à dire », confie-t-il alors. Le public n'en doute pas : virtuose et téméraire, Foofwa éblouit déjà. La gestuelle « cunninghamienne » est magnifiquement maîtrisée, mais plus baroque, au service d'un autre propos encore en devenir.

Mai 2015, je cours derrière Foofwa d'Imobilité sur une route jurassienne. Avec un tromboniste à ses côtés, le danseur relie en marchant-dansant La Chaux-de-Fonds à Yverdon-les-Bains, via Neuchâtel. C'est sa première Dancewalk, soit une inscription chorégraphique de cent kilomètres en trois jours, proposée dans le cadre de la Fête nationale suisse de la danse. Chaque mètre fait l'objet d'une danse élaborée. Il cherche à ne pas se répéter, ne pas rester dans une forme confortable. Il est klaxonné, parfois suivi, d'autres fois montré du doigt. S'il s'économise pour tenir dans la durée, cela ne se voit pas. Foofwa en dancewalker accomplit une performance sportive, mais aussi sociale, éthique et esthétique.

Quand je l'ai lâché dans le village de Valangin, j'ai pensé que le danseur découvert en 1998 ne s'est pas contenté de tenir ses promesses comme un gentil garçon. Depuis dix-sept ans, avec sa compagnie Neopost Foofwa ou en solo, il entraîne le public dans ses démarches exploratoires et se réapproprie en tant que « chercheur en danse pratique et théorique » (c'est ainsi qu'il se qualifie) ses moyens de visibilité, en dehors des cadres habituels, mais en bonne intelligence avec les institutions (la Fenice de Venise en 2012, le CND à plusieurs reprises, la Comédie de Genève l'année prochaine). La Dancewalk, reproduite depuis dans le cadre de courses populaires à Bienne et Winterthour, tient à elle seule du mode d'emploi. La comprendre permet de saisir quelque chose d'essentiel dans la démarche artistique du chorégraphe.

Que fait Foofwa lorsqu'il « dancewalk », et plus largement que fait-il lorsqu'il danse ? Il remet en jeu le commun d'un geste, le performe et l'articule avec les gestes du spectateur. En chemin, il explore ce qui circule, ce qui contamine et est mis en partage avec le public dans le travail sensible de son geste. Et se donne la possibilité de voir comment résonnent d'autres pas dans ses propres pas. Le philosophe Emmanuel Lévinas affirmait que l'éthique est distillée dans le face-à-face. Les dispositifs intersubjectifs mis en place par Foofwa contiennent la possibilité d'un partage du lien éthique et son corollaire – une transformation pour le performeur comme pour le spectateur.

Avec Jonathan O'Hear, codirecteur artistique de la compagnie et créateur lumière, Foofwa investit le CCS pendant cinq jours, nuits comprises. Son but ? Partager avec le public ce qu'il désigne comme « la pratique des gestes éthiques ». Le chorégraphe questionne : « Qu'est-ce que manoeuvrer un objet ensemble, pour que l'utilitaire ressuscite dans une poétique nonutilitariste ? Qu'est-ce que se toucher la main, et comment peut-on renouveler ce geste de salut pour qu'il (re)devienne don à l'autre ? Qu'est-ce que discuter de l'actualité du présent pour que le verbe ne soit pas futile et la rencontre avec l'autre vaine ? Qu'est-ce qu'oser donner, pour moins se craindre ? » Et de poursuivre dans la foulée ses recherches sur l'étirement du temps chorégraphique (72 heures d'occupation au Théâtre de l'Usine en 2004, 100 heures à la Villa Bernasconi en 2006, et la Dancewalk dont il est question plus haut). Dans l'espace galerie du CCS se brassent les gestes quotidiens, l'utilisation de supports textuels et virtuels, une scénographie sophistiquée, les lectures de lettres personnelles, la prise de notes… « J'aime montrer du fini, explique Foofwa, mais aussi du travail, de la création en effervescence, du fonctionnement mis à nu, de la production continuelle. Au CCS, le spectateur entre dans notre fabrique et y participe. Notre corps agit et bouge, alors que les gens et le monde extérieur viennent à nous. Nous verrons comment nous pourrons coexister, Jonathan et moi, dans le travail et dans la performance. Comment notre processus de travail se poursuit, comment l'illusion se confronte au monde réel. »

 

Anne Davier, collaboratrice artistique à l’ADC depuis 2000.

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