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Tony MorganFiche artiste 28/46

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au centre culturel suisse

Cet artiste anglais a vécu notamment à Londres, Düsseldorf, New York et enfin Genève, pendant de nombreuses années. D'abord sculpteur puis surtout peintre, il a aussi été un pionnier de la vidéo et de la performance. En 1972, il s'invente un double androgyne, Herman.


Remerciements à Christine Serdaly Morgan
Sélection de vidéos et de photographies centrées sur la mise en scène de son propre corps. Munich People et Peoples Presence se réfèrent à des performances où l'artiste, debout, fait face à chaque spectateur, l'un après l’autre. Herman: Spot, Smear, Squeeze, Applause présente une suite d’actions où Tony Morgan/Herman joue avec la lentille de la camera, donc avec la surface de l'écran.

Munich People (Aktionraum Munich), (1969, 20')

Film transféré sur vidéo, collection FMAC, Genève

Peoples Presence (Munich, 21.02.1970)

Photographies extraites du livre-objet, 19 pages, 24×32 cm, 2 pages dactylographiées, 2 photographies n/b 23,3×16 cm, 32 photographies n/b 24×18,3 cm, collection TMStudio, Genève

Lash (1973, 6'54'')

Video, collection FMAC, Genève

Volcano (1973, vidéo, 2'13'')

Collection FMAC, Genève

Herman live (1976)

Photographie, 140,6×101,6cm, collection FCAC, Genève, n° inv. 02967 A-E

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Notice biographique

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Un art aux identités plurielles

Tony Morgan a eu des intuitions de précurseur de la performance et de la vidéo. ...

Tony Morgan a eu des intuitions de précurseur de la performance et de la vidéo.

D'abord sculpteur dans le sillage de la nouvelle sculpture anglaise, Tony Morgan (1938–2004), pionnier de la vidéo, réalise des films expérimentaux, des installations, des performances et participe à l'aventure Fluxus, collabore avec Daniel Spoerri, Robert Filliou ou Emmett Williams.

En 1960, il marche de Londres à Rome, où se déroulent les Jeux olympiques. Au départ et à l'arrivée, il se fait photographier et interviewer, bornant ainsi son action, qui devient sa première performance. Il note dans un carnet perdu le quotidien et les sensations du marcheur. Agir et documenter qui sont dans l'air du temps deviennent pour partie ses outils artistiques. Plus abouti, The Book of Exercises (1971) met en regard tapuscrit et photographies illustrant des gestes aussi simples que faire son lit ou monter à une échelle. En 1972 à New York, il s'invente un double androgyne, Herman. Sous ce masque, il compose des chansons qu'il interprète, se taille un costume de superstar, se grime en future épouse et réalise vidéos et photographies qui constituent le corpus le plus connu de son œuvre.

Après Rome, Florence, Paris, Düsseldorf où il enseigne, New York et Amsterdam, il s'installe à Genève, se consacre essentiellement à la peinture et fait quelques performances et vidéos à caractère politique.

Si Morgan s'est emparé de techniques alors nouvelles et fait de son corps un matériau, il s'est toujours dit peintre, revendiquant des références hors mode : couleurs et formes simples de Giotto di Bondone et d'Henri Matisse, expressivité sombre des Mangeurs de pommes de terre de Vincent van Gogh qu'il réinterprète ou de Dante qu'il illustre.

Toute classification par période, lieu ou médium ne peut rendre compte d'une démarche libre tant dans la manière de faire que dans celle de penser. Rétrospectivement, les ruptures se révèlent plus apparentes que réelles tant nombre de ses vidéos ou performances sont picturales et nombre de ses peintures performatives.

 

Claude-Hubert Tatot, historien de l'art

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