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Luciano CastelliFiche artiste 5/46

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Au centre culturel suisse

Il a été une des figures majeures des Neuen Wilden (Nouveaux fauves), des artistes qui, vers 1980 en Allemagne et Autriche, pratiquaient une peinture expressive, figurative, énergique. Il a fait partie du groupe punk Geile Tiere (Putains d'animaux), a réalisé des films, des photographies et des performances.

Big Birds (1980, photographie n/b, 41×60 cm)
The Bitch and her Dog (1981, video, 12'21'')

La vidéo The Bitch and her Dog est issue d’une performance réalisée à Lyon, d'une gare à un centre commercial, dans le cadre du 3e Symposium d’Art-Performance. L'artiste Salomé, déguisé et déambulant sur ses chaussures à plateformes, traine en laisse Castelli, dans le rôle du chien.

Geile Tiere concert Dschungel Berlin (Photozeitung), (1981–1982, 46×63 cm)

La page de journal et les photographies de Geile Tiere se réfèrent à un des concerts berlinois du groupe composé de Luciano Castelli, Salomé et Luise Walther.

Opéra par hasard (1983, montage de photographies n/b, 41×60 cm)

Le montage de photographies Opéra par hasard documente un projet scénique des artistes/musiciens Salomé, Rainer Fetting et Luciano Castelli, qui a été présenté au CAPC à Bordeaux, au Centre Pompidou et au Palace à Paris.

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Un performeur qui a du chien

Luciano Castelli a été le symbole d'une période artistique plus folle, moins conventionnelle et plus militante qu'aujourd'hui. ...

Luciano Castelli a été le symbole d'une période artistique plus folle, moins conventionnelle et plus militante qu'aujourd'hui.

Il était une fois, il y a bien longtemps, une époque où l'on dépassait systématiquement les limites. Une époque hybride où on se bornait à imiter le « transformeur », avec conviction. C'était le début des années 1970. L'art s'inspirait de la vie, la vie devenait l'art, l'artiste devenait l'œuvre d'art. Les anciennes limites entre genre et sexe, homme et femme, image et musique, peinture et photographie, performance et film – toutes ces catégories artificielles, et qui n'ont d'ailleurs jamais été « artistiques » –, ne demandaient plus qu'une seule chose : être dépassées. Luciano Castelli a grandi à cette époque et il n'en était pas un simple figurant, mais l'incarnation même. Avec son rayonnement androgyne et hyper érotique – à la fois peintre, musicien, cinéaste –, il incarnait à la perfection le concept d'artiste comme œuvre d'art : il montrait avec son propre corps ce que d'autres montraient avec des peintures. D'abord dans le monde « bohème » de Lucerne, ensuite dans les images « photoréalistes » de Franz Gertsch.

Luciano Castelli ne se mettait pas en scène, il restait lui-même, depuis ses premières performances, par exemple en 1971 à la fondation De Appel à Amsterdam, jusqu'aux concerts de ce groupe d'amateurs géniaux, Geile Tiere, où il jouait de la basse et chantait. En 1978, il déménage à Berlin- Ouest pour devenir très vite un des Boys de la Galerie de la Moritzplatz. Faisant partie des nombreux « nouveaux fauves », adulé, Luciano a été et est toujours resté Castelli, son propre performeur. La scène faisait partie intégrante de son quotidien, la légendaire discothèque Dschungel ou tout simplement l'espace urbain qu'il utilisait comme coulisse. Comme par exemple lors de sa mythique performance The Bitch and Her Dog, où tenu en laisse par Salomé, il traverse la gare et un centre commercial à Lyon, qui plus est, fief de l'élégante bourgeoisie. Il était une fois une époque où les beaux-arts étaient synonymes du dépassement systématique des limites. Reviendra-t-elle ?

 

Heinz Peter Schwerfel, critique d'art et cinéaste.

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