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Miriam CahnFiche artiste 4/46

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Au centre culturel suisse

Elle est surtout connue pour ses dessins au fusain ou en couleur et ses peintures, qui traitent souvent de sexe, de guerre ou de mort. L'action fait aussi partie de sa pratique, notamment lorsque, devant sa caméra, elle frappe un bloc de pâte à modeler au sol jusqu'à obtenir une sculpture souple. 

Das Wilde Leben (weibliche waffen, wurfgesschosse, waffemfälschungen), (05.10.1986, 9'48'')

Courtesy l'artiste et galerie Jocelyn Wolff, Paris
Un geste énergique, répété, filmé. Un bloc de pate à modeler est ainsi assoupli et devient sculpture. L'énergie qui se dégage de ce procédé peut être rapprochée de celle du geste de sa main quand elle réalise des dessins au fusain.

schreiender säugling + körperteile (2014, diaporama vidéo, 5'03'')

Courtesy l'artiste et galerie Jocelyn Wolff, Paris
Montage à partir de photographies de sculptures en pâte à modeler qu'elle manipule. Des parties de son corps interagissent avec des fragments de corps sculptés, créant une narration image par image.

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À bras le corps

Le travail performatif de Miriam Cahn mélange virées urbaines, féminisme et objets en pâte à modeler. ...

Le travail performatif de Miriam Cahn mélange virées urbaines, féminisme et objets en pâte à modeler.

Paris, 1979. Dans une série d'actions intitulée Von geheimen Orten (Des lieux secrets), Miriam Cahn, tout en se déplaçant dans l'espace urbain, accomplit son premier travail performatif, en utilisant une approche similaire au mouvement « situationniste » des années 1950. Pour exprimer son point de vue féministe, elle utilise un répertoire de « signes » : télévision, navire de guerre, lit ou maison. Son intention est de laisser des « marques » à des « non-lieux » (selon l'expression de Marc Augé) et d'occuper temporairement l'espace public avec des dessins éphémères au fusain. Elle agit de manière similaire à Bâle avec Mein Frausein ist mein o?ffentlicher Teil (Être femme est mon côté public).

En 1980, elle crée des travaux performatifs en atelier qui ne sont accessibles que par des documents photographiques, des bandes sonores et quelques dessins.

En 1984, Miriam Cahn travaille sur DAS WILDE LIEBEN (L'amour sauvage) et documente, dans l'installation Weibliche Waffen, Wurfgeschosse, Waffenfälschungen (Armes féminines, projectiles, contrefaçons d'armes), la production d'objets en pâte à modeler. Les moyens formels sont précis : caméra fixe, cadrage frontal, noir et blanc. Le concept de LESEN IN STAUB (strategische orte) alltagsarbeit (Lire dans la poussière [lieu stratégique] travail quotidien) de 1986 utilise les mêmes moyens. Avec le motif du couteau, la vidéo crée des passerelles vers Semiotics of the Kitchen de l'artiste américaine Martha Rosler.
En 2014, Miriam Cahn réalise des « diaporamas » pour écran, dont Schreiender säugling + körperteile (Bébé hurlant + parties du corps), dans lesquels elle réalise un montage entre des photos de sculptures en plastiline – matériau déjà utilisé dans les années 1980 – et celles d'elle-même agissant sur ces sculptures. La matière prend tantôt la forme de mains décharnées, de phallus ou de seins qui font corps avec son propre corps, dans une narration construite image par image.

 

Sabine Gebhardt Fink, professeur d'art à la Hochschule de Lucerne.

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